18Toute histoire a un personnage central autour duquel elle se construit. Au centre de l’histoire mythique se trouve le héros. Le héros mythique est celui qui porte toute l’essence du mythe, qui le met en évidence.
Dans la mythologie grecque, un héros est un personnage à qui on prête un courage et des exploits remarquables et qui a exercé sur les hommes et sur les événements une grande influence. Il s’élevé au dessus des mortels en faisant la guerre avec bravoure, ou accomplissant des exploits avec courage. Après sa mort, une vénération ou un culte particulier, lui a été rendu pour commémorer son souvenir.
Soumis aux décisions des dieux, animés par leurs caprices et pris dans le feu de leurs conflits, les héros mythologiques sont exemplaires. Les fils des dieux et des mortels attestent à leur manière la présence divine. Ils donnent naissance à des cités, à des lingées royales, justifiant le monde en le raccordant à une origine divine. L’univers des dieux et celui des hommes communiquent donc dans une harmonie qui n’est pas conçue comme une stabilité sereine, mais comme un équilibre des forces.
 Les héros mythiques sont comme une sorte de axis mundi; réalisent la liaison entre les dieux et les hommes. Ils ont pris naissance de l’union d’un dieu et mortelle et ils sont devenus d’objets de culte de très grande ampleur, car ils protègent le lieu auquel les rattachent leurs exploits. Mais tous les héros ont quelque chose de commun: malgré leur grandeur, ils restent pour toujours associés au royaume des mortels.
Dans la vision de Mircea Eliade, les personnages du mythe ne sont pas des êtres humaines: ce sont des dieux ou des Héros civilisateurs. Et aucun dieu, aucun Héros ne révèle pas des actes profanes. Tout ce qu’ils font appartient à la sphère du sacré.
Comme le mythe relate les actes des héros et la manifestation de leurs puissances sacrées, ils deviennent le modèle exemplaire de toutes les activités humaines significatives. Les personnages du mythe sont des dieux ou des êtres extraordinaires qui ont quelque chose en commun: ils n’appartiennent pas au monde de tous les jours.
Eliade considère que les héros mythiques sont connus surtout parce qu’ils ont fait le temps prestigieux des commencements. Et les mythes révèlent donc leur activité créatrice et dévoilent la sacralité de leurs œuvres.
Mais ce qui nous intéresse le plus, c’est le héros mythique dans la vision d’André Gide. Pour lui, le héros est une figure emblématique, une être exceptionnel. André Goulet souligne l’importance des héros gidiens et leur liaison avec les héros mythiques. Il insiste surtout sur le modèle exemplaire mais aussi novateur qu’ils sont capables d’imposer.
Gide veut construire à travers le mythe et plus précisément à travers le héros mythique une saga du moi qui se découvre.  Ainsi, il construit des personnages qui portent des signes des héros mythiques et qui tendent à se découvrir. Gide même se construit à travers ses personnages, comme identité auctoriale, comme personnalité et comme personnage.
Dans les héros mythiques, André Gide voit l’essence de l’être qui jouit à son gré de sa liberté et qui se construit grâce à soi – même sans aucun lien familial ou social.
Pour Gide il faut représenter et donc d’après lui, le héros est exemplaire, parce qu’il devient le représentant d’une société et son bouc émissaire également. Par le héros mythique toute la société pourrait avancer.
Gide n’est pas intéressé de l’histoire mythique proprement dite, ce qui compte pour lui c’est l’exemplarité de l’histoire mythique. Car pour lui, le héros constitue le sujet de l’action, le représentant du mythe, c’est-à-dire le porteur d’une image idéale. Mais, il faut souligner qu’il y a des héros bons et d’autres méchants.
Le héros mythique est une projection de l’individu, une image idéale qui ennoblit l’âme de chaque personne. Comme il est le délégué de l’individu, le héros doit résoudre les situations mythiques. C’est ainsi que le héros mythique arrive à accomplir sur le plan de l’imaginaire la même fonction que celle de la victime dans le mécanisme victimaire énoncé par Girard, une fonction expiatoire.
Le héros mythique a une étroite liaison avec la divinité, il en dépend, en vertu de la fatalité et de la prédestination. Mais il ne s’agit pas d’une dépendance complète, car le héros possède le libre arbitre, c’est-à-dire l’accord ou le désaccord que le héros exprime dans sa relation avec la divinité ou avec les hommes.
Les héros mythiques de Gide sont des adultes ou parfois des adolescents, Œdipe a quarante ans d’âge;  c’est l’âge où l’on perd ses illusions. Quant à Narcisse, Jonathan, David et Saki, ils sont des adolescents, ils ont l’âge où l’on est poète, où l’on croit se connaître sous le prétexte que l’on s’admire, où l’on va tout déclencher en mordant avidement à l’appât, où l’on est de toutes parts cerné déjà par le piège du destin.
 Le héros mythique accomplit plusieurs fonctions et la plus importante est celle qu’il a dans la société. Les héros ont une fonction très importante dans la société car ils permettent de véhiculer des moyens universels pour s’émanciper et pour s’épanouir.
Le héros a aussi une fonction symbolique, qui signifie qu’il représente, par la simple réitération de son nom, le centre symbolique du mythe. Donc, le héros a une relation étroite avec les symboles dont chaque mythe est chargé.
Une autre fonction est la  fonction expiatoire, dans le sens que le héros mythique représente une image de compensation, dans laquelle l’individu se dédouble pour faire face aux situations limite. Cette fonction est illustrée par le concept de victime émissaire de Réne Girand.
Le héros mythique accomplit aussi une fonction textuelle. Pour illustrer cette fonction, le point de départ est constitué par la remarque de Saussure selon laquelle au niveau du texte, un mot quelconque peut évoquer tout ce qui est susceptible de lui être associé, d’une manière ou d’une autre. Dans ce sens, la présence dans un texte d’un nom appartenant à un héros mythique est sensée anticiper en vertu de sa connaissance préalable du mythe.
La fonction expiatoire est représentée par le fait que le héros mythique représente une image de compensation, par l’intermédiaire de laquelle l’homme peut accomplir ses désirs ou expier ses fautes. Cette fonction est le mieux représentée par un type particulier de héros mythique, la victime émissaire, qui est une figure emblématique qui se trouve au milieu du mécanisme du désir d’un double qui représente la figure idéale.
Ce qui intéresse André Gide est l’exemplarité du héros mythique et la façon dont il influence la communauté, mais aussi la capacité du héros de s’imposer et de devenir modèle de comportement humain. Gide se sert du héros mythique pour construire des personnages, mais aussi pour la découverte de soi.

Mandache Florina
Şcoala Gimnazială Merişani
(Postat ianuarie 2017)

Scoli mediul rural

Scoli mediul urban

PUBLICITATE

Go to top