07Étude de spécialité

Ce travail veut mettre en évidence deux aspects. Tout d’abord on va exposer quelques traits définitoires de la loi de flexibilité et ensuite on passera à la mise en pratique de la théorie a aide des poèmes en prose de Baudelaire.     
La loi de flexibilité se définit par la présence d’un mot étranger dans un texte, mais ce mot est modifié, voire altéré. La flexibilité c’est aussi la mise en question d’un fait intermédiaire. Ici, le mot fait image et il est seulement une approximation pour une réalité difficile à saisir. Il arrive que l’élément étranger ait de la souplesse et en même temps de la résistance dans le texte.
L’élément peut présenter aussi de la souplesse ou des déformations afin de rendre le texte ambigu. Rolin disait que «  les mots semblables à une cire molle, ont une flexibilité merveilleusement propre à prendre toutes sortes de formes, de sorte qu’on les manie et qu’on les tourne comme on le mot veut ».
Il y a beaucoup d’exemples de l’applicabilité de cette loi dans la littérature française. Par exemple, Claudel invente le mot « focaliser » d’après le portugais « focalizar » et le mot se laisse aisément adopter.
Il arrive parfois que le texte cite soit attribuer à un autre auteur. Stendhal dans La Chartreuse de Parme attribue à Pétrarque des vers de Métastase : « Non, vous ne me verrez jamais changer, / Beaux yeux qui m’avez appris à aimer ». Rousseau traduit ces vers d’une autre façon : « Non, non, beaux yeux m’apprîtes a soupirer, jamais vous ne me verrez changer mes affections ». Donc, Stendhal n’a pas résisté au plaisir d’introduire le nom du poète pas excellence de l’amour.
Un élément mythique peut aussi être déformé. Une strophe de Voyage, à la fin des Fleurs du Mal, la dédicace des Paradis artificiels suggère l’existence d’une tendresse véritablement amoureuse entre Oreste et Electre, ce qui n’apparaît dans aucun texte antique, où il parle d’ « Oreste de l’opium », de son épouse l’Electre aux bontés réparatrices.
Comme on a déjà dit, cette loi s’applique beaucoup dans les poèmes de Baudelaire. Dans Les tentations on retrouve la figure de Satan, mais un peu déformée : «  Deux superbes Satans et une Diablesse, non moins extraordinaires ». On a aussi des allusions a la Bible (le passage de la communion) qui ici mises sous une autre lumière que dans l’écriture sainte : « Buvez, ceci est mon sang, un parfait cordial ». Mais on retrouve aussi, comme le titre l’annonce déjà, le motif de la tentation primitive du couple Adam et Eve.
Les notions de bien et de mal reposent sur d’autres mécanismes les Satans et la Diablesse respectivement sont confondus par le rêveur avec « de vrais Dieux ». Par la suite, le narrateur attribue aux trois figures des traits renvoyant à un imaginaire païen, empruntant notamment aux divinités gréco-romains, ce qui est manifeste dans le titre qui convoque Eros et Plutus et dans le texte où l'Eros est comparé aux « anciens Bacchus ». On peut également établir un parallèle entre le deuxième Satan et le Baal babylonien ou la figure très ancienne de l'ogre.
Dans le poème Le vieux saltimbanque, Baudelaire a reprit une histoire déjà écrite. Le saltimbanque est un personnage de la commedia dell arte, un personnage amusant qui nous fait rire. Mais ici, il est tout à fait différent parce que le poète nous fait le portrait d’un vieil artiste qui est maintenant exclu de la société et de la fête aussi. Baudelaire a souvent souffert de la solitude et du manque de reconnaissance de ses contemporains. Dans de ce poème, il engage le lecteur, par l'intermédiaire d'un portrait de la marginalité, dans une réflexion sur la condition de l'artiste et du poète. Le poème s'ouvre sur une fête foraine où tout semble détente et joie mais l'apparition du vieux saltimbanque retiré dans sa solitude vient obscurcir la scène. Par un glissement subtil du regard, l’écrivain parvient à susciter la méditation du lecteur sur le sort réservé au poète.
À l'image de beaucoup d'autres artistes, Baudelaire, sorte de poète maudit du dix-neuvième siècle, a souvent souffert de la solitude et du manque de reconnaissance de ses contemporains. Toutefois, ce sentiment a constitué pour lui une source d'inspiration, comme nous le constatons ici dans ce petit poème en prose, Le vieux Saltimbanque.
Il y met en scène le destin d'un vieil artiste rejeté par toute une société qui semble s'amuser... Deux mondes s'affrontent ici et le poème repose sur une série d'oppositions : c'est ainsi que nous pourrons dans un premier temps souligner le contraste qui existe entre la solitude de notre personnage et une foule en délire ; le saltimbanque est triste au milieu de la fête et surtout il apparaît affligé d'une misère extrême dans un environnement d'une richesse exubérante mais peut-être illusoire.
Notre saltimbanque, que nous pourrions considérer comme le frère jumeau de Baudelaire, semble jouer ce rôle parce que sans doute il a su mieux que les autres comprendre que seuls le réalisme et la sagesse constitue une véritable richesse.
Le thème du bouffon est de nouveau utilisé dans le poème Une morte héroïque. Ici il s’agit d’un comédien, Fancioulle, qui joue sur la scène son meilleur rôle sous la direction d’un Prince tyrannique. Ce spectacle comique se finit par le meurtre du comédien. Donc, on a de la flexion, parce que le thème de la comédie est cette fois tourne vers un crime.
Il apparaît ainsi que tous ces contrastes, toutes ces oppositions entre la lumière éblouissante Du spectacle d'une part, et le drame du comédien d'autre part qui traduit essentiellement cet antagonisme qui en chacun de nous oppose le rêve à la réalité. Nous faisons partie de ce public qui trop souvent choisit de se cloîtrer dans le mensonge, ne serait-ce que parce que ce dernier est plus confortable qu'un monde trop dur à accepter. C'est peut-être pour cette raison que toute société a besoin de se trouver quelques bergers qui puissent veiller sur le troupeau insouciant des êtres humains
Dans Le désir de peindre, la femme aimée se trouve à l’origine de l’écriture du poète. Elle est une créature de rêve qui s’impose par la beauté diabolique de son corps. Le poète fait un portrait en clair-obscur de la femme qui est comme « un soleil noir », allusion à Gérard de Nerval, mais qui ressemble aussi à la lune, référence au poème « Balade à la lune » de Musset. On a de la flexion, car Baudelaire réunit les idées de ces deux poètes.
Le titre même du poème, « Le désir de peindre », relie deux paradigmes : celui du désir et celui de l’art ; cela nous suggère d’emblée que les deux sont inextricablement liés, que le désir est nécessaire à la création poétique. C’est l’incarnation de ce désir que le poète nous présente ici. Baudelaire évoque ici « le désir de peindre ». De peindre « celle » qui constitue la source d'inspiration unique, l'idéal de l'artiste qui prend ici la plume, tourmenté par ce désir de retrouver enfin cet être impossible - presque impossible. C'est de cette fiévreuse appétence que jaillit l'écriture de ce poème, tout entier dirigé vers cette créature ambitionnée.
Le poème Le joueur généreux est aussi une illustration de la flexibilité, parce que le poème se construit sut le thème du pacte avec le Diable : « Je veux que vous gardiez de moi un bon souvenir, et vous prouver que Moi, dont on dit tant de mal, je suis quelquefois bon diable, pour me servir d’une de vos locutions vulgaires », et il promit toutes sortes de biens et de richesses : « …vous régnerez sur vos vulgaires semblables ; vous serez fourni de flatteries et même d’adorations ; l’argent, l’or, les diamants, les palais féeriques ». Donc, on a de la flexion, car Baudelaire reprend cette idée de Goethe, mais il la modifie d’après son style.

Mandache Florina
Şcoala Gimnazială Merişani
(Postat ianuarie 2017)

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